Procès Laporte-Altrad : des peines de prison obligatoires contre des barons du rugby français

Le président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, arrive au tribunal des Batignolles entouré de ses avocats, le 7 septembre 2022. THOMAS SAMSON / AFP

Lèvres pincées, regard droit devant, Bernard Laporte n’a pas hésité lorsque le procureur financier François-Xavier Dulin a requis une “forte” peine de trois ans de prison, dont un ferme, et 50.000 euros d’amende à son encontre. Il était alors près de 18 heures, mardi 20 septembre, et le président de la Fédération française de rugby (FFR) venait de recevoir les réquisitions retentissantes du parquet national financier (PNF) au huitième jour de son procès pour « prise illégale intérêt », « trafic d’influence passif d’un agent public », « corruption passive d’un agent public », « recel d’abus de biens sociaux », « abus de confiance » et « abus de biens sociaux ».

Devant la chambre 32 du tribunal correctionnel de Paris, une peine de prison similaire et 200.000 euros d’amende ont été requises, en son absence, contre le milliardaire Mohed Altrad, propriétaire du club de Montpellier et parrain du maillot du XV de France. “Loin d’être mis en cause, les prévenus, avec leur longue action, ont profondément porté atteinte à la probité qui entoure le rugby français”, a déclaré M. Dulin, qui a requis contre les deux barons de l’ovale tricolore une “interdiction avec exécution immédiate d’exercer toute fonction”. . au rugby depuis deux ans. »

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Après quatre ans d’enquête, les magistrats du PNF ont dénoncé, devant le tribunal, le « péché originel » du tandem Laporte-Altrad, accusé d’avoir scellé un « pacte de corruption » : un contrat d’image conclu pour une durée d’un an, le 2 février Le 19 décembre 2017, pour 180 000 euros TTC entre BL Communication, société détenue par M. Laporte, et Altrad Investments Authority (AIA), la holding du groupe Altrad.

Selon la procureure financière Céline Guillet, cet accord, dont le principe a été entériné à l’été 2016, soit avant l’élection de Bernard Laporte à la tête de la FFR, a placé cette dernière dans une “situation de conflit d’intérêts manifeste qui aurait dû l’a conduit à se retirer de toute intervention pour le groupe Altrad en tant que sponsor ou le club de Montpellier. »

Le magistrat a rappelé que « ce contrat d’image tenu secret au sein de la FFR » n’a pas été exécuté après que le journal du dimanche l’a révélé, à l’été 2017, malgré une cession effectuée à BL Comunicación en mars 2017. Il constitue un « avantage accordé en échange de décisions favorables à M. Altrad », a-t-il souligné entre deux précisions juridiques.

“La quintessence du trafic d’influence”

Méthodiquement, son collègue François-Xavier Dulin a décortiqué les prétendues interventions de Bernard Laporte “en faveur des intérêts privés” du milliardaire, “poule aux œufs d’or de la FFR”. Parmi les éléments incriminés figure le soutien manifesté par M. Laporte au projet, qui a finalement été avorté, car Altrad a racheté des parts du club anglais Gloucester.

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