Nicolas Baverez : « Licencié le couple franco-allemand »

Par Nicolas Baverez

Publié hier à 20:34, Mis à jour il y a 27 minutes

“Le divorce brutal entre Paris et Berlin s’explique certes par l’accumulation des chocs, mais il renvoie aussi à des facteurs plus profonds”, a déclaré Nicolas Baverez. François BOUCHON/Le Figaro

LA CHRONIQUE – L’Allemagne a toujours défendu avec acharnement ses intérêts en Europe, notamment ceux de son industrie. Quand la France se contente de parler de souveraineté, l’Allemagne l’exerce.

Entre Paris et Berlin, rien ne va plus. L’ajournement indéfini du Conseil des ministres franco-allemand prévu à Fontainebleau le 26 octobre trouve son origine dans une série de divergences qui se transforment en crise ouverte.

La guerre en Ukraine a fait exploser les tensions, déstabilisant l’Europe et poussant l’Allemagne vers une stratégie “Allemagne d’abord” pour répondre à la remise en cause de son modèle basé sur la dépendance au gaz russe, les services low cost, les industries exportatrices dans les Brics et la délégation de leur sécurité aux États-Unis. Berlin a cherché à limiter sa vulnérabilité et à sauvegarder ses intérêts à tout prix, quitte à affronter ceux de ses partenaires, notamment la France. La liste des litiges est désormais interminable.

Berlin, qui a une grande responsabilité dans la prise progressive de l’approvisionnement énergétique européen par la Russie, freine aux quatre fers la limitation des prix du gaz, la réforme du marché européen de l’électricité…

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