Iran: après l’annonce de la suppression de la police morale, doutes et débats

Une femme dans les rues de Téhéran, le 3 décembre 2022. ATTA KENARE / AFP

Prendre du recul ou tactique pour réduire la pression ? Depuis le 3 décembre, la publication des déclarations du procureur général iranien, Mohammad Jafar Montazeri, sur une prétendue abolition de la police morale, a suscité débats et interrogations. Interrogé deux jours plus tôt sur “l’inactivité de la police morale”, le procureur avait répondu : “Cette police n’a rien à voir avec la justice et ses activités ont été stoppées par l’organisation qui l’avait mise en place (…)”, sans plus de détails. . . Avant d’ajouter : “Bien sûr, la justice continue de contrôler les comportements [de citoyens] en société »

Ces dernières semaines, alors que l’Iran était en proie à un soulèvement national sans précédent, de plus en plus de femmes sont descendues dans la rue sans voile dans les grandes villes du pays. Il semble que les activités de la police morale, chargée de veiller au respect des codes vestimentaires, aient fortement diminué. La République islamique aurait pu choisir d’utiliser toutes ses forces pour réprimer la contestation. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, au moins 450 civils ont été tués et 18.000 personnes arrêtées lors de ces manifestations, qui ont été organisées après la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, 22 ans, après sa garde à vue à Téhéran pour un voile jugé “peu porté”. » par la police morale. Depuis, des hommes et des femmes sont descendus dans la rue, avec pour slogan : « Femme, vie, liberté ».

Dans ce contexte, aucune organisation, aucun responsable officiel n’a confirmé les propos du procureur général et la répression des activités de la police morale. Le 4 décembre, la chaîne de télévision publique iranienne en langue arabe Al-Alam a rejeté l’interprétation donnée à certaines des déclarations du procureur général. « Les médias étrangers ont tenté de qualifier les propos du procureur général de rejet de la République islamique sur la question du hijab après les récentes émeutes. Cependant, aucun responsable de la République islamique d’Iran n’a confirmé la suspension de la police morale”, peut-on lire sur le site d’Al-Alam.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés “En Iran, le cri de ralliement ‘Femmes, Vie, Liberté’ illustre la conscience de toute une nation”

“déclarations ambiguës”

Sur le terrain, les déclarations du procureur général peinent à convaincre les Iraniens quant à la disparition de cette brigade. Certains avocats vivant dans le pays, comme Ali Mojtahedzadeh, ont qualifié les déclarations du procureur général de “non transparentes” et d'”ambiguës”. “Pourquoi ne dit-il pas quelle organisation se cache derrière cette police ? Quels sont les détails de l’ordre d’abolir la police morale ? Quel est l’intérêt de cette suppression lorsque des décisions illégales comme le licenciement sont prises ? [à Qom, fin novembre] d’un banquier pour avoir reçu un client mal voilé existe encore ? », a-t-il écrit sur Twitter. Un autre avocat, Mohsen Borhani, voit dans les déclarations du procureur l’attitude des dirigeants iraniens qui, par leur politique, « créent des crises » puis « fuient toute responsabilité ». Selon lui, « personne est responsable de la police des mœurs”, a-t-il écrit sur Twitter.

Il vous reste 49,53% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *