Avoir le nez chaud aide à mieux combattre le rhume

Publié le : 06/12/2022 – 17:38 Modifié le : 06/12/2022 – 17:36

Washington (AFP) – Il est bien connu que l’arrivée de l’hiver rime toujours avec saison froide.

Parmi les facteurs favorisant ces infections respiratoires courantes : des concentrations plus élevées à l’intérieur et des virus survivant mieux dans l’air plus sec entre quatre murs. Mais quant à savoir si les températures froides affaiblissent réellement notre système immunitaire (et si oui comment), il y a moins de certitude.

Une étude publiée mardi dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology détaille une nouvelle façon dont notre corps attaque les intrus. Et cette méthode fonctionne mieux par temps chaud.

Ces découvertes pourraient conduire au développement de nouveaux traitements contre le rhume et d’autres virus, a déclaré à l’AFP Mansoor Amiji, professeur à la Northeastern University et co-auteur de ces travaux.

Le point de départ est une étude précédente qu’il a menée en 2018, qui a révélé que les cellules du nez libèrent des vésicules extracellulaires (VE), un nuage de minuscules particules qui attaquent les bactéries inhalées.

“La meilleure analogie est le nid de frelons”, explique Mansoor Amiji. Comme des frelons défendant un nid lorsqu’ils sont attaqués, les VE volent en essaims pour rejoindre et tuer les envahisseurs.

Les chercheurs se sont alors posés deux questions : Les VE sécrètent-elles aussi en présence d’un virus ? Et si oui, sa réponse est-elle affectée par la température ?

Pour leurs tests, les scientifiques ont utilisé la muqueuse nasale de volontaires (qui subissaient une opération pour enlever des polypes) et une substance reproduisant une infection virale.

Résultat : les véhicules électriques sont bien produits contre les virus.

“Première explication plausible”

Pour répondre à la deuxième question, la muqueuse nasale a été divisée en deux groupes, les cellules cultivées en laboratoire à 37°C ou 32°C.

Ces températures ont été choisies sur la base de preuves montrant que la température à l’intérieur du nez baisse d’environ 5°C lorsque l’air extérieur passe de 23°C à 4°C.

Dans des conditions normales de température corporelle, les véhicules électriques ont réussi à bien combattre les virus, en leur présentant des “leurres” auxquels ils se sont accrochés, plutôt que les récepteurs cellulaires qu’ils auraient normalement ciblés.

Mais à température réduite, la production de VE était moins abondante et ils se sont révélés moins efficaces contre les virus testés – deux rhinovirus et un coronavirus (pas Covid) – courants en hiver.

“Il n’y a jamais eu de raison très convaincante pour laquelle il y a une augmentation claire de l’infectiosité virale pendant les mois les plus froids”, a déclaré Benjamin Bleier, co-auteur de l’étude et chirurgien à la Harvard Medical School. “C’est la première explication quantitative et biologiquement plausible qui a été développée.”

Ces travaux pourraient déboucher sur le développement de traitements pour stimuler la production naturelle de VE, afin de mieux lutter contre le rhume, voire la grippe et le Covid-19, selon Mansoor Amiji. “C’est un domaine de recherche qui nous intéresse beaucoup, et nous continuerons certainement dans cette voie.”

© 2022 AFP

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