Corruption : un vice-président du Parlement européen arrêté à Bruxelles

L’eurodéputée socialiste grecque Eva Kaili, vice-présidente du Parlement européen, a été arrêtée vendredi soir 9 décembre à Bruxelles dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de corruption avec le Qatar, a-t-elle indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) à une source proche du dossier.

Le parquet fédéral n’a pas nommé le pays du Golfe en question. Mais la même source proche du dossier a confirmé à l’AFP l’information révélée dans une enquête conjointe par le journal francophone Le Soir et l’hebdomadaire flamand Knack, identifiant le Qatar.

Quatre autres arrestations avaient déjà eu lieu dans la capitale belge dans la matinée dans la même affaire. Mme Kaili, une compagne de l’un de ces quatre suspects, a été “interpellée pour audition” par la police, a indiqué cette source. A Athènes, le Parti socialiste grec (Pasok-Kinal) dont Mme. Kaili a annoncé dans la soirée qu’elle était “virée”.

Sommes d’argent et cadeaux

Au cœur de l’enquête, menée par un juge d’instruction à Bruxelles : les agissements d’un “pays du Golfe” soupçonné d'”influencer les décisions économiques et politiques du Parlement européen, par le versement de sommes d’argent importantes ou l’offre d’importants cadeaux”, ont déclaré les procureurs fédéraux.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Attribution du Mondial au Qatar : Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le rachat du PSG au cœur de l’enquête de la justice française

Quant aux bénéficiaires, il s’agit de personnalités qui occupent « une position politique et/ou stratégique significative » au sein du Parlement européen. Parmi les quatre interpellés figure un assistant parlementaire attaché au groupe des socialistes et démocrates (S&D), un compagnon de Mme. Kaili, l’ancien député italien Pier Antonio Panzeri, également socialiste, et secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI). , ou Ituc en anglais), l’Italien Luca Visentini.

Ce responsable italien s’est encore exprimé cette semaine sur la situation des travailleurs au Qatar, dans un entretien diffusé vendredi par l’AFP. Plus précisément, il a demandé de “continuer à faire pression sur les autorités et les employeurs” pour de meilleurs salaires et plus de mobilité de la main-d’œuvre.

Dans un bref message publié sur son site internet, la CSI s’est dite “au courant des informations qui circulent dans la presse” mais n’a fait aucun commentaire “à ce stade”.

Le dernier impliqué est un directeur d’ONG.

déclarations surprenantes

Eva Kaili, une ancienne présentatrice de télévision de 44 ans, avait rencontré au Qatar peu avant le début de la Coupe du monde de football le ministre du travail qatari Ali Ben Samikh Al Marri. A cette occasion, l’élu grec a célébré, au nom de l’Union européenne, l’engagement du Qatar à “poursuivre les réformes du travail”, selon un tweet publié par l’ambassadeur de l’Union à Doha, Cristian Tudor.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Dans la « salle des machines » du Qatar, où vivent les travailleurs migrants que Doha ne veut pas voir

“Aujourd’hui, la Coupe du monde de football au Qatar est une preuve concrète de la façon dont la diplomatie sportive peut conduire à une transformation historique d’un pays dont les réformes ont inspiré le monde arabe”, a également déclaré Eva Kaili à la tribune du Parlement européen le 22 novembre. “Le Qatar est un chef de file en matière de droits des travailleurs”, a-t-il déclaré.

Le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde 2022, a été accusé par des ONG de négliger les conditions de travail et de vie de ses centaines de milliers de travailleurs migrants venus d’Asie et d’Afrique.

A lire aussi : Article réservé à nos abonnés Du vote FIFA 2010 à la cérémonie d’ouverture, le thriller de la Coupe du monde au Qatar

Le monde avec l’AFP

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *