Boris Johnson fragilisé par la démission de deux ministres

Deux poids lourds du gouvernement du Premier ministre britannique ont jeté l’éponge mardi soir.

C’est ce que redoutait Boris Johnson depuis des mois, depuis que le “Partygate” a pesé son mandat : ​​la démission de membres importants de son gouvernement, qui pourrait signaler la bousculade.

La double bombe est tombée mardi soir sur Downing Street, avec l’annonce de la démission du ministre de la Santé Sajid Javid, suivie quelques minutes après celle du ministre des Finances Rishi Sunak. L’action coordonnée de deux poids lourds, deux personnalités citées comme possibles successeurs du Premier ministre à la tête du Parti conservateur et du gouvernement.

Jetant l’éponge, les deux hommes ont donné plus ou moins les mêmes raisons, l’impossibilité pour eux de continuer à travailler avec un homme en qui ils avaient perdu confiance. “Il est clair pour moi que la situation ne changera pas sous votre direction et donc vous avez perdu ma confiance”, explique Sajid Javid dans sa lettre de démission à Boris Johnson et publiée sur Twitter.

“Les citoyens attendent légitimement du gouvernement qu’il fasse preuve de compétence et de sérieux”, a déclaré la chancelière du Trésor. Il ajoute : “Je suis conscient que c’est peut-être mon dernier poste ministériel, mais je pense que cela vaut la peine de défendre ces règles.”

série de scandales

Après les scandales en cascade de ces derniers mois, un autre fut l’« affaire Pincher ». Le député conservateur et chef adjoint de la discipline parlementaire, Chris Pincher, a été accusé d’avoir touché deux hommes dans un club privé de Londres la semaine dernière.

Confronté aux révélations selon lesquelles il avait été averti d’un comportement similaire par l’élu par le passé, le Premier ministre a dû admettre mardi que c’était une erreur de le nommer à ce poste et s’excuser.

Lire aussi L’épée du « Partygate » reste suspendue au-dessus de Boris Johnson

VOIR AUSSI – Royaume-Uni: Boris Johnson doit “s’écarter” après avoir battu une élection partielle, selon l’opposition

Au-delà de cette triste affaire Pincher, c’est l’accumulation de “paellas” que paie le Premier ministre. Le scandale du parti Downing Street pendant les confinements lui a valu il y a moins d’un mois un vote de censure face visible dans son propre camp. Il a survécu mais en est ressorti considérablement affaibli, avec plus de 40% de ses députés votant contre.

Johnson en danger

Depuis, les conservateurs ont essuyé deux graves défaites aux élections partielles, qui ont entraîné le départ du président du parti, Oliver Dowden. Au sein du parti conservateur, il semble s’être emparé de l’idée qu’après avoir été une machine à gagner, Johnson devenait une friction électorale.

Lire aussi Boris Johnson mis à l’épreuve par deux élections partielles difficiles

Toute la question est de savoir si ce virage marque le début de la fin pour Johnson. Mardi soir, la ministre des Affaires étrangères Liz Truss s’est dite “à 100%” derrière le Premier ministre. Mais la semaine prochaine, la direction du fameux comité de 1922, responsable de l’organisation parlementaire du Parti conservateur, doit être renouvelée. Si les rebelles entrent en vigueur, ils pourraient réviser la réglementation existante en empêchant un nouveau vote de censure pendant un an.

VOIR AUSSI – “Premier ministre, vous n’êtes pas apte à diriger ce pays” : Boris Johnson perd un siège aux élections partielles

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *