Retenu pendant une semaine dans une écluse de la Seine, le cétacé était très affaibli. Alors que son état se détériorait, les gardiens ont décidé de l’euthanasier après un long voyage jusqu’à la ville portuaire.
Le béluga perdu depuis une semaine dans la Seine a dû être euthanasié mercredi après son arrivée par camion à Ouistreham (Calvados), où des experts espéraient pouvoir le soigner avant de le relâcher à la mer.
Le cétacé de 800 kg, animal qui se plaît normalement dans les eaux froides, avait été placé à l’arrière d’un camion frigorifique vers 4 heures du matin mercredi après six heures d’efforts pour l’extraire de l’écluse de Saint-Pierre-la-Garenne (Eure). . .
“Euthanasie”
“Le béluga est arrivé mercredi 10 août à 10h30 au Service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire frontalier (SIVEP), situé à Ouistreham, pour effectuer un examen vétérinaire et sanitaire avant d’envisager son potentiel transféré à l’écluse de Ouistreham”, a indiqué la préfecture du Calvados dans un communiqué de presse. “Malgré les moyens techniques et logistiques mis en œuvre, l’état du cétacé s’est malheureusement détérioré pendant le trajet. L’expertise vétérinaire a révélé la situation de grande faiblesse et de mauvaise activité respiratoire du béluga. Dès lors, la décision collective a été prise, avec les vétérinaires, de l’euthanasier”, a ajouté la préfecture.
Sur Twitter, la vétérinaire du SDIS Florence Ollivet-Courtois a expliqué que l’état du cétacé s’était détérioré lors du transport par camion mercredi matin. “Pendant le voyage, les vétérinaires ont constaté une détérioration de son état, notamment de ses activités respiratoires. Et on a pu voir à ce moment-là que l’animal était en anoxie (diminution de la quantité d’oxygène, ndlr), donc insuffisamment ventilé, et donc la souffrance était évidente pour cet animal”, a-t-il expliqué. Et de préciser : “Nous avons décidé qu’il n’était pas pertinent de le libérer et, par conséquent, qu’il était nécessaire de procéder à son euthanasie”.
L’ONG Sea Shepherd a également confirmé la mort du cétacé. « C’est avec le cœur lourd que nous annonçons que le béluga n’a pas survécu à la translocation, ce qui était risqué, mais indispensable pour donner une chance à un animal condamné. Suite à la dégradation de son état, les vétérinaires ont pris la décision de l’euthanasier”, peut-on lire sur Twitter.
Camion frigorifique
Les 24 plongeurs impliqués et les maîtres nageurs qui tenaient les cordages autour de l’écluse ont dû tenter à plusieurs reprises dans la nuit, entre 22h et 4h du matin, d’attirer l’animal dans les filets et la structure capable de le soulever par l’eau, ont souligné des journalistes de l’AFP. Le cétacé, dont l’état de santé avait déjà été jugé “alarmant”, a fini par être soulevé dans un filet tracté par une grue et déposé sur une barge, où il a été immédiatement soigné par une dizaine de vétérinaires vêtus d’une salopette blanche.
Les 24 plongeurs se sont dévoués et les sauveteurs ont dû tenter à plusieurs reprises, entre 22h00 et 4h00, d’attirer l’animal dans les filets. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
A lire aussiAl Seine, opération béluga à haut risque
Le béluga, dont la présence dans la Seine est rare, a ensuite été placé sur un camion frigorifique qui a quitté l’écluse peu après 7h30 à petite vitesse pour parcourir les 160km jusqu’à Ouistreham, selon des journalistes de l’AFP rapportés sur place. Une bassine d’eau de mer avait été mise à disposition, dans une écluse du port de Ouistreham, pour recevoir l’animal, qui devait y rester trois jours avant de reprendre la mer en fonction de son état de santé.
Il a fallu plus de six heures pour sortir le béluga de la Seine. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
“Le plus dur”
Sea Shepherd avait signalé que le béluga souffrait de problèmes digestifs. “Le béluga est un mâle qui n’a pas de maladie infectieuse mais qui n’a plus d’activité digestive, ce qui explique pourquoi il ne se nourrit plus.” Le contrôle sanitaire avait par la suite confirmé “la maigreur de l’animal” sans en déterminer la cause. “Selon les vétérinaires, c’est de bon augure pour un mauvais pronostic”, a averti la préfecture tôt ce matin.
A lire aussiBeaucoup de mystères autour de la présence du béluga dans la Seine
Repéré le 2 août dans le fleuve, le cétacé était retenu depuis vendredi dans le bassin d’une écluse, située à 70 km au nord-ouest de Paris. Selon l’observatoire Pelagis, spécialisé dans les mammifères marins, le béluga a une répartition arctique et subarctique. Il s’agit, selon ces experts, du deuxième béluga connu en France après qu’un pêcheur de l’estuaire de la Loire en avait ramené un dans ses filets en 1948. Un orque avait déjà été observé dans la Seine en mai, entre Rouen et Le Havre. Elle avait finalement été retrouvée morte et une autopsie avait favorisé la mort par famine.
VOIR AUSSI – Le béluga perdu dans la Seine a été tiré de l’eau