C’est un combat de longue haleine. La grippe épidémique touche chaque année entre deux et huit millions de personnes en France, selon l’Institut Pasteur, et est responsable de 290 000 à 650 000 décès dans le monde, selon Santé Publique France. Les scientifiques sont donc constamment à la recherche d’une solution pour un vaccin qui protège tout le monde. Et il se peut qu’une version universelle voie le jour dans deux ans, explique The Guardian. Un vaccin expérimental basé sur des messagers d’ARNm – technologie utilisée pour le Covid-19, par exemple – a été trouvé pour protéger les souris et les furets. Cela ouvre la voie à des essais cliniques chez l’homme.
Et ce serait un grand pas en avant dans la lutte contre cette pandémie potentiellement dévastatrice, souligne au Guardian le professeur John Oxford de l’université Queen Mary de Londres, bien qu’il n’ait pas participé aux travaux. Selon lui, ce vaccin, développé par l’université de Pennsylvanie, pourrait être prêt l’hiver prochain. “Le potentiel est énorme, et je pense que nous sous-estimons parfois ces gros virus respiratoires”, a-t-il déclaré à la BBC. Aujourd’hui, les vaccins contre la grippe protègent contre jusqu’à quatre souches du virus et sont mis à jour chaque année. Selon cette nouvelle percée scientifique publiée dans la revue Science, le nouveau vaccin pourrait amorcer le système immunitaire contre 20 sous-types de variantes A et B de la grippe et ainsi protéger l’organisme contre tout virus de la grippe.
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Vaccin “Promedor”.
La dernière grande épidémie de grippe remonte à 2009, bien qu’elle ait été moins violente que prévu. Mais le souvenir de la pandémie de 1918 nous rappelle que des souches dangereuses peuvent tuer des millions de personnes. Selon le Dr Scott Hensley, chercheur de l’équipe de recherche de Pennsylvanie, donner aux gens une “base” immunitaire élevée contre toutes les souches empêcherait de nombreux décès lors de la prochaine pandémie de grippe. Des expériences chez la souris et le furet permettraient aux patients de bénéficier d’anticorps élevés stables pendant plusieurs mois et ainsi de se protéger du virus.
Mais des essais cliniques doivent encore être menés, d’abord pour savoir si le vaccin protège les humains de la même manière, et ensuite pour déterminer s’il existe des effets secondaires inquiétants. Ce type de vaccin soulève aussi des questions sur sa nature, alors qu’il pourrait protéger les humains d’une pandémie… qui ne s’est pas encore produite. Bien que les résultats soient “prometteurs”, “nous ne pouvons pas être sûrs tant que les essais cliniques sur des volontaires ne sont pas terminés”, a ajouté Adolfo Garcia-Sastre, directeur de l’Institut pour la santé mondiale et les pathogènes émergents de l’hôpital Mount Sinai de New York.
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