David DePape, suspect dans l’attentat contre Paul Pelosi, à Berkeley, Californie, le 13 décembre 2013. MICHAEL SHORT / AP
David DePape, l’homme soupçonné d’avoir violemment agressé le mari de la députée démocrate Nancy Pelosi, a été inculpé de tentative d’enlèvement et d’agression, a annoncé lundi 31 octobre le ministère américain de la Justice.
L’homme est entré vendredi matin au domicile du couple à San Francisco, en Californie, spécialement équipé d’attaches en plastique, de paires de gants et de ruban adhésif, a indiqué le ministère dans un communiqué. Autant d’éléments qui prouvent, selon la justice, qu’il avait l’intention de kidnapper le responsable, une accusation qui pourrait signifier jusqu’à vingt ans de prison. L’agression contre son mari risque une autre peine de prison pouvant aller jusqu’à 30 ans, a indiqué le ministère de la Justice.
Lundi soir, le procureur du district de San Francisco a annoncé une série de nouvelles accusations, notamment de tentative de meurtre et de vol qualifié, cette fois au niveau local et non fédéral. Il s’agissait d’une attaque “à motivation politique” et David DePape pourrait être condamné à la prison à vie, a déclaré Brooke Jenkins lors d’une conférence de presse.
Le suspect de 42 ans était entré dans la chambre du couple à la recherche de Nancy Pelosi, qui se trouvait à Washington ce jour-là. Leur arrivée avait réveillé Paul Pelosi, 82 ans, qui avait eu le temps d’appeler le 911 avant que le suspect ne l’attaque avec un marteau. David DePape a ensuite été interpellé au même endroit par la police, qui a retrouvé la victime inconsciente.
Lire aussi : Agression du mari de Nancy Pelosi : L’agresseur visait en effet le président de la Chambre des représentants américaine
Nancy Pelosi “traumatisée”
Après son arrestation, David DePape a déclaré aux agents qu’il tenait Nancy Pelosi pour responsable de “mensonges” qui, selon lui, étaient propagés par le Parti démocrate, selon un document judiciaire joint à la déclaration du département.
Expliquant qu’il avait l’intention de la prendre en otage et de lui parler, l’homme a expliqué que si elle lui disait “la vérité” il la relâcherait, mais que “si elle mentait, il lui casserait les rotules”, selon sa même source. . Paul Pelosi “a subi la punition pour lui”, a déclaré le suspect. David DePape, qui vivait dans un garage d’une petite ville près de San Francisco, avait diffusé des théories d’extrême droite sur les réseaux sociaux.
Nancy Pelosi s’est dite “traumatisée” samedi par l’attaque, ajoutant que l’état de santé de Paul Pelosi, qui a été opéré vendredi d’une fracture du crâne et de blessures au bras et aux mains, continuait de s’améliorer. Le président Joe Biden a dénoncé un acte “moins méprisable”. Plusieurs responsables républicains, dont Donald Trump, ont condamné l’attaque tout en reprochant aux démocrates l’insécurité accrue – l’un de leurs principaux arguments de campagne pour les élections de mi-mandat – et ont refusé de la relier au 6 janvier 2021, où de nombreux assaillants ont crié. « Où est Nancy ?, quand ils sont entrés au Capitole.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’attaque contre le mari de Nancy Pelosi suscite des inquiétudes pour la sécurité de la classe politique aux États-Unis
Le milliardaire Elon Musk, le nouveau propriétaire du réseau social Twitter, s’est quant à lui fait l’écho dimanche d’une folle rumeur homophobe sur l’attaque de Paul Pelosi, tweetant “il y a une petite chance que les apparences soient trompeuses”, et évoquant un lien vers le extrême-droite… site de conspiration de droite Santa Monica Observer. Il a ensuite supprimé son tweet et attaqué le New York Times qui l’avait précédemment critiqué.
Le monde avec l’AFP