Attentat à Paris : pourquoi Jean-Luc Mélenchon partage les doutes de la communauté kurde

Dans les heures qui ont suivi la tuerie de la rue d’Enghien à Paris le 23 décembre, la plupart des dirigeants de gauche des Nupes ont immédiatement pointé la responsabilité de l’extrême droite derrière le geste de son auteur présumé, William Valise. , qui a expliqué aux policiers avoir été guidé par “une haine des étrangers devenue complètement pathologique”.

Mais Jean-Luc Mélenchon a très vite privilégié une lecture différente, partageant les doutes de la communauté kurde sur le lieu et l’heure choisis par le tueur : le centre culturel kurde Ahmet-Kaya dans le 10e arrondissement, au moment d’un meeting de Kurdes femmes pour préparer la commémoration de l’assassinat, dix ans plus tôt, de trois militants kurdes dans la capitale.

“Nous pensons qu’il n’y a pas de coïncidence et que ce qui s’est passé était un acte terroriste contre des militants politiques”, a insisté le chef des Insoumis au lendemain de l’attentat qui a tué trois Kurdes. Depuis, il a demandé à être déféré au parquet antiterroriste et à lever le secret de la défense dans l’affaire du triple meurtre de 2013. Les premiers éléments de l’enquête semblent pourtant contredire sa thèse.

Une admiration pour le modèle politique au Rojava

“Le reste des forces politiques n’est pas aussi lié aux Kurdes que nous”, plaide la députée LFI de Paris Danielle Simonnet, qui revendique “une proximité politique avec un peuple qui se bat pour sa liberté”. LFI a ainsi noué des relations politiques avec la gauche HDP (Parti démocratique populaire, pro-kurde), “qui est un peu comme la France insoumise à la Turquie”, souligne-t-il.

“La cause kurde est la nôtre”, lançait déjà Jean-Luc Mélenchon en janvier 2019, dénonçant l’offensive turque contre les Kurdes dans le canton d’Afrin au Rojava, dans le nord-est de la Syrie, et l’amplification de “la répression en Turquie”. contre l’opposition démocratique, et particulièrement contre les Kurdes”.

Les Insoumis ne cachent pas non plus leur admiration pour le modèle politique du Rojava, le Kurdistan syrien. “C’est un projet politique pluraliste, démocratique, féministe, écologique, engagé contre les discriminations LGBT. Ça nous inspire et nous intéresse”, avoue Danielle Simonnet.

Dans un billet de blog d’octobre 2019, Jean-Luc Mélenchon a également défendu le peuple kurde d’un point de vue géopolitique, répétant qu’il était “le seul à proposer une solution politique capable de construire une paix durable dans la région”. Et l’opposant à la Turquie d’Erdogan accusé “d’obscurantisme religieux et d’autoritarisme autocratique”.

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