Une étude montre qu’une administration repensée de la chimiothérapie est possible, avec plusieurs avantages clés pour les patients atteints de cancer.
Un patient oncologue recevant une dose de traitement de chimiothérapie au 5-FU, à Colmar (Alsace) le 20 février 2019 ©BelgaImage
La chimiothérapie pourrait-elle être beaucoup plus simple pour les patients atteints de cancer? Une étude ouvre la voie à un protocole d’injection sous-cutanée, et non plus intraveineuse comme aujourd’hui, mais le procédé reste à démontrer chez l’homme.
Une administration potentiellement plus efficace que l’actuelle
Le traitement du cancer repose très souvent sur l’administration de chimiothérapie par voie intraveineuse, ce qui génère de nombreuses limitations et nécessite une hospitalisation. Mardi, une étude, réalisée chez l’animal et publiée par le Journal de l’American Chemical Society, ouvre l’espoir d’une procédure simplifiée. L’une des possibilités envisagées pour alléger le protocole actuel est justement la chimiothérapie sous-cutanée. Beaucoup plus simple à mettre en oeuvre et plus confortable pour le patient, il est cependant impossible à pratiquer la plupart du temps, car les principes actifs sont agressifs et ont tendance à stagner au niveau du tissu sous-cutané où ils provoquent une nécrose cutanée du fait de sa forte toxicité.
Pour contourner cet obstacle, les scientifiques ont développé une nouvelle approche : en couplant un principe actif peu soluble et agressif largement utilisé en chimiothérapie, le paclitaxel, avec un polymère à très forte affinité pour l’eau, ils sont parvenus à obtenir un agent anticancéreux soluble. . Ainsi, il peut passer rapidement du tissu sous-cutané dans la circulation sanguine, sans provoquer de toxicité au site d’administration. Lors du développement préclinique de cette nouvelle chimiothérapie chez la souris, ils ont même atteint une meilleure efficacité qu’avec la formulation commerciale du principe actif (Taxol) administré par voie intraveineuse.
2024 comme horizon ?
« La chimiothérapie a de nombreuses contraintes logistiques (nécessitant du personnel qualifié, des hospitalisations, etc.), un coût élevé. L’intérêt principal de cette nouvelle approche serait de faciliter la chimiothérapie et d’augmenter le confort des patients, qui pourraient peut-être la recevoir à domicile. expliqué à l’AFP Julien Nicolas, directeur de recherche au CNRS et auteur principal de l’étude.
Bien que cette recherche ait montré des résultats prometteurs dans un modèle animal, elle n’a pas encore prouvé son efficacité chez l’homme. C’est pourquoi des scientifiques ont créé une startup, Imescia, et espèrent démarrer un essai clinique en 2024.