Dans le procès des écoutes téléphoniques, Nicolas Sarkozy est seul en scène

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy salue un gendarme à son arrivée au palais de justice de Paris, le 8 décembre 2022. EMMANUEL DUNAND / AFP

“Nous sommes dans une conversation totalement affectueuse et décousue avec mon Thierry. Il a dit ‘euh’, ‘uh’, ‘uh’, il allait bien, ‘euh’, ‘euh’… eh bien, il n’a pas dit n’importe quoi pour moi. » Flux de mitrailleuses, soutenus par des gestes et des intonations énergiques destinés à renforcer la comédie du sujet : Nicolas Sarkozy aurait sans doute pu faire carrière dans le stand-up, cet exercice où un comédien, seul sur scène, fait au public le récit de leurs déboires.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Procès d’écoutes téléphoniques : Nicolas Sarkozy l’affranchi

La cour d’appel de Paris n’est pas un café-théâtre. Mais, au quatrième jour de son procès pour l’affaire dite “Bismuth” – le patronyme d’emprunt que son avocat, Thierry Herzog, a inventé en achetant un téléphone destiné à discuter discrètement avec son client -, l’ancien patron de la « L’État se mobilise. , aussi souvent, l’espace physique que sonore. Et tous ses talents de tribun, passant par le comique comme le tragique ou la colère, sans hésiter à interpeller, voire à hausser le ton, devant les conseillers généraux comme la présidente, Sophie Clément.

La cour a entamé un examen méthodique des conversations tenues en 2014 avec Me Herzog au sujet de son informateur au sein de la Cour de cassation, l’ancien magistrat Gilbert Azibert. Ce dernier les a informés de l’évolution des conseillers qui devaient prendre une décision cruciale : autoriser ou non la confiscation des journaux de M. Sarkozy dans le cadre de l’affaire Bettencourt. En échange de ses informations, selon le parquet, la promesse d’une intervention de l’ancien chef de l’Etat pour permettre à M. Azibert d’obtenir un poste honorifique dans la principauté de Monaco.

“Potins”

Un « pacte de corruption », a estimé le tribunal de première instance. Absolument pas, insiste M. Sarkozy. Thierry Herzog, tenu au secret professionnel, ne peut commenter ces conversations. Gilbert Azibert n’est pas très bavard. Mais Nicolas Sarkozy parle pour trois, et s’emploie à démontrer sa bonne foi dans chaque mot, ou presque, des retranscriptions.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Dans le procès des écoutes téléphoniques, la diffusion inédite de conversations entre Nicolas Sarkozy, alias Paul Bismuth, et son avocat

Manifestation dans une audition, où l’ancien président de la République dit à Thierry Herzog, à propos de Gilbert Azibert : “Moi, je l’amène (…) je vais l’aider (…) appelle-le et dis-lui que je vais pour l’aider, je vais à Monaco, je vais rencontrer le prince. Nicolas Sarkozy assure qu’il ne faut pas y voir la preuve d’une promesse de soutien à un poste. Et explique comment “Thierry apprend”, lors d’un dîner, que M. Sarkozy se rend à Monaco avec sa femme en vacances.” C’est parce que je vais à Monaco qu’il me pose la question. Si ma femme avait voulu aller faire une cure à Vichy, le problème n’a pas surgi. »

Il vous reste 36,65% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *