Quand “Star Ac” est sorti sur nos petits écrans en 2001, on ne s’attendait à rien : ni un show vocal à fort impact, ni une télé-réalité bien rodée. A l’époque, le téléspectateur n’était pas encore époustouflé par ce genre télévisuel : “Loft Story” venait d’ouvrir la voie à tous ceux, anonymes, qui attendaient leurs 15 minutes de gloire.
20 ans plus tard, la télé-réalité a envahi les chaînes et dénaturé toute la télé-réalité. Personne ne connaît désormais les codes d’un “bon” (bien sûr, c’est laissé à l’appréciation de chacun) du divertissement, certainement pas cette génération rivée à son smartphone… Et ce dont on avait peur avec ce retour de “Star Academy” , est donc arrivé. TF1 a beau conserver le générique mythique de son émission, rafraîchir les cadres du château de Dammarie-les-Lys, les temps ont changé (et on n’a pas encore inventé la machine à voyager dans le temps) et ce retour sonne comme un terrible anachronisme. La fraîcheur, la candeur des premières saisons ont fait place à la sécurité d’une jeunesse alimentée par les selfies, les histoires sur fond de “La veu” et de “Marseille”. On attendait que Nikos révèle l’un des secrets du candidat (référence à “Secret Story”). L’humilité est devenue quelque chose de clinquant, comme les couleurs du spectacle (et les vêtements des “étudiants”).
Et pour cette génération de candidats qui aiment revendiquer leur liberté d’expression et être qui ils veulent, quelle (mauvaise) surprise cela a dû être d’entendre des commentaires plats, bien intentionnés, superficiels (« tu bouges bien », tu m’as touché beaucoup”) d’une faculté aussi soft que Nikos (mais lui, c’est son métier). Mais où sont les épaules d’Armande, Kamel ou Alexia Laroche-Joubert qui gesticulaient de haut en bas ? On en vient même à regretter les tacles de Raphi Ricci, c’est à dire… Vous pouvez nous appeler une “réaction”, peu importe : on sait ce qu’on a vu depuis près de 10 ans, en direct… et on était très loin à partir de ce samedi soir. C’est la “Star Aca-demi”, une sorte de mauvais mélange de tous les codes utilisés et portés par toutes les émissions de divertissement du genre que nous avons vues. Et pas entendu. C’est là que c’est le plus triste. (Mais il doit quand même y avoir une excellente chanteuse, comme la petite Anisha qui se démarque aussi par son humilité).
Le dernier mot reviendra tout de même au dinosaure Nikos qui lâchera en début d’émission quelque chose de peu rassurant : “c’est une génération qui sait quoi faire devant la caméra”. Enfin un mot sensé ! Mais pas si vite, le cold show revient au galop : « on ne cherche pas la perfection à la Star Academy ». A quoi le nouveau directeur de “l’école” (Michael Goldman, le fils de JJG) répondra que l’on recherche avant tout l’authenticité. Eh bien, il y aura du travail, beaucoup de travail…