Encadré 3 : photographie de diabétiques français de type 1 et 2

Paris, France – Le troisième volet de l’enquête assurance maladie (régime général et sécurité sociale des indépendants) entre sur les patients diabétiques dresse un profil précis de cette population en France et de sa prise en charge [1].

Un quart né à l’étranger

L’étude Entred (Nationally Representative Control Sample of People with Diabetes) couvre un peu plus de 8 000 adultes représentatifs des personnes atteintes de diabète et tirés au hasard des bases de données AM. Les données présentées ici se rapportent aux résultats pour la France métropolitaine des auto-questionnaires de la 3e enquête Entred (2019) qui fait suite à Entred 1 (2001-2003) et Entred 2 (2007-2010). [1]

Sur l’ensemble de cette population, près d’un quart est né à l’étranger (24,0 %) et les autres (23,8 %) appartiennent au quintile le plus défavorisé de France métropolitaine. Parmi ces sujets, 94,1 % avaient un diabète de type 2 (DT2), 5,1 % un diabète de type 1 (DT1) et 0,8 % un autre type de diabète. Une prédominance masculine était retrouvée quel que soit le diabète (55,3 % pour le DT2 et 57,2 % pour le DT1).

Patients DT2 : réduction de la mortalité, stabilisation de l’obésité

En 2019, l’âge médian des patients atteints de DM2 était de 67 ans (contre 65 ans en 2007) et l’ancienneté du diabète était de 11 ans (soit +2 ans par rapport à Entred 2 ). L’augmentation du niveau socio-économique moyen des patients DT2 reflète l’évolution générationnelle de l’ensemble de la population. Dans 70 % des cas, le diagnostic a été posé lors du dépistage (plus de 3 points de plus qu’en 2007) et dans 11,7 % lors de la survenue d’une complication (une diminution de près de 4 points par rapport à 2007) .

Plus des deux tiers des sujets DT2 (71,2 %) étaient traités uniquement par un antidiabétique oral (ADO) et dans 34,3 % des cas il s’agissait d’une monothérapie. L’association ADO – analogue du GLP-1 concernait 6,0 % des individus et l’association ADO – insuline concernait 18 % des individus. Seule une faible proportion de DT2 était sous insuline seule (4,5 %).

En 2019, les patients atteints de DT2 dans l’ensemble avaient encore plus de facteurs de risque de complications que les sujets atteints de DT1 et à peu près autant que les patients atteints de DT2 dans l’étude précédente. Près de 4 patients sur 10 étaient en surpoids et d’autres obèses. Ce taux élevé de surpoids et d’obésité marque une stabilisation de la situation par rapport aux données de 2007, après une augmentation entre 2001 et 2007. Plus de 7 sujets sur 10 avaient reçu un traitement antihypertenseur au cours des 12 derniers mois et près des deux tiers d’un réduction du traitement des lipides. L’évolution du contrôle glycémique, de la tension artérielle et des lipides devra cependant être objectivée au regard des données recueillies auprès des médecins. Si les informations autodéclarées sur les complications apparaissent plus favorables qu’en 2007, elles devront également être confirmées dans le temps et avec les données collectées auprès des médecins et des hôpitaux.

Le phénotype moderne du diabète de type 1 évolue

Pour la première fois, la taille de l’échantillon de personnes atteintes de DT1 permet une description plus précise de cette population. Ainsi, en 2019, malgré un âge moyen de 47 ans, plus de la moitié des sujets atteints de DT1 avaient un diabète diagnostiqué depuis plus de 20 ans et un quart entre 10 et 19 ans. Un peu plus d’un tiers (36,2 %) avaient une pompe à insuline et les deux tiers avaient un capteur pour la lecture continue de la glycémie.

Il apparaît que le profil du patient DT1 n’est plus celui des décennies précédentes. En effet, en 2019, près de la moitié des personnes ayant participé à l’enquête étaient en surpoids ou obèses. Au cours des 12 derniers mois, 4 sujets sur 10 ont reçu une prescription pour un antihypertenseur et 3 sur 10 un hypolipémiant. Le DT1 avait moins de complications macrovasculaires que les DT2, mais plus de dommages microvasculaires. Les patients DT1 ne peuvent plus être qualifiés d’individus minces, comme en témoigne le fait que 50 % sont aujourd’hui en surpoids ou obèses. Ainsi, ils associent déficience en insuline et résistance à l’insuline.

Le tabagisme est encore trop présent

Bien que le tabagisme tende à diminuer dans la population générale, il reste à des niveaux élevés chez les diabétiques : 25 % des diabétiques de type 1 et 13 % des diabétiques de type 2. Cependant, il augmente le risque de macrocomplications et de microangiopathie et favorise les déséquilibres glycémiques.

Dans son éditorial, André Grimaldi il parle de « syndémique » pour évoquer « l’imbrication et l’aggravation simultanée de l’obésité, du diabète de type 2 et du tabagisme dans de très larges populations. Selon lui, cette syndémie aurait “une origine commune dans le développement de conduites addictives dans une société de consommation, urbanisée, sédentaire, archipelée où chacun, pour lutter contre la maladie du siècle, l’anxiété-dépression, tente d’activer les biocircuits”. les neurones du plaisir, sachant que ce dernier est deux fois plus fréquent chez les patients atteints de maladies chroniques. »

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape

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