A huit heures et demie du soir, il y avait encore beaucoup de monde autour de l’Accor Arena qui attendait sans pouvoir entrer dans le complexe pour la séance de l’après-midi. L’organisation du Masters 1000 parisien n’a cependant pas été remise en cause. Non, le responsable était simplement Gilles Simon qui a repoussé ses adieux à la profession autant qu’à ses limites physiques. Après un marathon de 3h05, le futur retraité s’est offert le scalp de Taylor Fritz (11e) qui doit encore se demander ce qui lui est arrivé.
Dans le premier set, nous avons la réponse. Avec seulement 38% de premières balles, l’Américain est venu à Simon sans son arme principale et l’a laissé s’installer dans le rallye. Mais les Français n’aiment pas grand-chose. Et s’il a dû sauver trois balles de set alors que Fritz menait 5-4, c’est lui qui a terminé le plus fort. Le deuxième set était essentiellement une copie du premier, avec un échange de pauses au début et les deux joueurs tenant le service par la suite. Simon a laissé échapper trois balles de break qui lui auraient permis de servir pour le match. Récupérant, Fritz a cassé le passage au niveau sept tout au long. Mais nous n’étions pas encore dans l’épopée.
Simon, paralysé par la douleur
C’est pourquoi nous avons dû attendre le dernier set. Le “decide” comme disent nos amis anglophones. Cet ensemble qui allait donc décider, ou non, de l’arrêt de la carrière de Gilles Simon. Paralysé par la douleur, sentant des pointes dans le dos, la cuisse gauche ou l’épaule droite selon le moment, Simon a donné tout ce qui restait dans ses maigres réserves à la piste. Fritz lui-même a perdu son tennis, se demandant régulièrement comment il a pu rater tel ou tel coup. Simó, un diable de plâtre qui ne pouvait pas sortir, y était pour beaucoup, mais son manque de précision dans de nombreuses options en attaque a également pesé dans la balance.
A 3-2 Fritz, Simon a courageusement sauvé trois balles de break. Presque des balles de match, compte tenu de leur statut. A la plus grande satisfaction d’un public qui l’a toujours poussé, Simon a breaké au meilleur moment (5-4). Il n’avait qu’à servir pour le match. Presque une formalité. A 37 ans, Gilles Simon est toujours joueur de tennis professionnel et affrontera Félix Auger-Aliassime (qu’il vient d’envoyer au Masters en éliminant Fritz) en huitièmes de finale.