L’électricien, en grande difficulté financière, doit pouvoir démarrer le nouveau programme nucléaire.
Bientôt un nouveau PDG et actionnaire unique. Après avoir annoncé, le 30 septembre, son choix de nommer Luc Rémont au poste de PDG d’EDF, l’Etat a publié mardi son offre publique d’achat simplifiée sur les 16 % du capital de l’électricien toujours coté. L’opération aura un coût de 9 700 millions d’euros sur les comptes publics. Le prix de rachat des actions est fixé à 12 euros, soit une prime de 53 % par rapport au cours de clôture du 5 juillet, veille du discours de politique générale d’Elisabeth Borne annonçant la renationalisation. En l’absence d’appel, l’ouverture de l’offre est prévue le 10 novembre et durera jusqu’au 8 décembre.
Intérêts concurrents
Plusieurs raisons poussent le gouvernement à reprendre le contrôle total d’EDF. L’opération va “faciliter la prise de décision et le pilotage stratégique de l’entreprise”, précise l’Etat dans son offre publique d’achat déposée auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Fini le casse-tête consistant à concilier les objectifs de politique énergétique de l’exécutif avec le respect des intérêts particuliers des actionnaires minoritaires. Dernière crise en date, la contribution du groupe pour financer le bouclier tarifaire s’élève à plus de 8 milliards d’euros en 2022.
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Cette décision prise par le gouvernement en janvier 2022 a placé le conseil d’administration et la direction d’EDF dans une position impossible. Elle a finalement contraint la direction du groupe à déposer un recours contre son actionnaire ultra-majoritaire – l’Etat – devant le Conseil d’Etat pour obtenir réparation. En l’absence de contestation de leur part, les dirigeants risquaient d’être attaqués par les actionnaires minoritaires pour ne pas avoir défendu l’intérêt social de l’entreprise. L’exécutif rechigne également à prolonger cette décision pour 2023. S’il la renouvelle, il aura cependant les mains libres et, a priori, moins de risque juridique.
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La renationalisation est d’autant plus nécessaire qu’EDF est en très mauvais état, économiquement parlant. Sa dette, qui dépassait les 40 milliards d’euros fin 2021, pourrait dépasser les 60 milliards cette année. L’électricien est confronté à un problème de corrosion dans les circuits de secours au cœur d’une dizaine de réacteurs. Un onglet jusqu’à 29 milliards d’euros, alors que le groupe aurait pu réaliser des résultats records si sa production nucléaire avait été là en cette année de hausse historique des prix de l’électricité. “La renationalisation renforce la crédibilité du soutien de l’Etat à EDF, dans le contexte des difficultés opérationnelles du groupe”, explique-t-on de Bercy.
Sans ce “soutien”, EDF ferait face à une dégradation de sa notation par les agences. Or, le groupe doit conserver une cote de qualité élevée pour pouvoir emprunter à bas prix pour lancer le programme de construction du 6 EPR 2, commandé en février dernier par Emmanuel Macron. Pour autant, Bercy ne veut pas parler à ce stade de la recapitalisation du groupe. En revanche, le plan de cession de 3 milliards d’euros annoncé au printemps par le PDG Jean-Bernard Lévy a été confirmé. Malheureusement, il y a peu de chance que cela suffise à redresser la situation financière d’EDF.
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Il semble aussi que la question de la réorganisation du groupe se pose toujours. Certes, comme le précise l’État dans sa communication à l’AMF, “le projet Hercule, notamment lié à la structure d’EDF, n’est plus d’actualité”, puisqu’il a été enterré à l’été 2021. Réforme du marché de l’électricité, nouvelle régulation du nucléaire existant, financement et régulation du futur parc EPR 2… , et pourrait avoir des conséquences sur la stratégie ou l’organisation du groupe », explique-t-on de Bercy.
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