Monkey pox : Pourquoi l’épidémie a-t-elle tendance à s’arrêter ?

Touchés par le retour de l’épidémie de monkeypox, les scientifiques veulent identifier les raisons pour éviter cette situation à l’avenir.

Vaccination contre la variole du singe à Los Angeles, le 11 août 2022 ©BelgaImage

C’est l’une des bonnes nouvelles du moment : le nombre de personnes atteintes de la variole du singe (ou variole simienne) est en chute libre, et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Lors du pic de juillet, l’OMS Europe a identifié plus de 2 000 cas par semaine. Maintenant, il n’y en a qu’environ 100 chaque semaine. En Belgique, c’est encore mieux, puisque l’Institut de santé Sciensano ne répertorie plus aucun nouveau cas. Une régression qui réjouit autant qu’elle interroge ses raisons. Des facteurs qu’il s’agit désormais d’identifier, dans le but d’en finir avec cette maladie, voire d’aider à mieux lutter contre les autres.

Trois facteurs dans la baisse du nombre de cas

Selon les dernières données de l’OMS, plus de 75 000 personnes ont été infectées dans 109 pays, dont 86,5 % viennent d’Europe et d’Amérique. 97,1% d’entre eux étaient des hommes. Les rapports sexuels étant l’un des principaux modes de transmission (ainsi que tous les contacts physiques rapprochés), l’orientation sexuelle a parfois été identifiée, plus précisément pour un petit tiers des cas. Il s’avère que parmi eux, 87,9% s’identifient comme homosexuels, bisexuels ou comme hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Pour Erik Volz, spécialiste de la modélisation des maladies infectieuses à l’Imperial College de Londres, “trois éléments ont joué un rôle dans le recul” de l’épidémie de monkeypox : “les vaccins, les changements de comportement au sein du groupe le plus touché : les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes… . et l’immunité acquise après une infection naturelle”, explique-t-il au magazine Science.

Il faut dire que l’efficacité du vaccin pour prévenir la maladie est considérable, jusqu’à 85% selon l’OMS. Le changement de comportement semble également avoir joué un rôle. C’est en tout cas ce que semblent indiquer les conclusions de la UK Health Safety Agency. Ce dernier a remarqué que récemment, plusieurs maladies sexuellement transmissibles comme la syphilis ont reculé. Ceci ne constitue pas une preuve irréfutable mais un indice sérieux de corrélation. Enfin, la science a une préférence pour la troisième hypothèse, qui stipule que “l’immunité acquise par le biais d’infections chez les hommes sexuellement actifs peut être le facteur le plus important”.

A lire : Monkey pox : quelle est l’efficacité du vaccin ?

Gestion de l’épidémie de monkeypox : un modèle en évolution ?

Dès lors, le rôle de tel ou tel facteur dans le recul de l’épidémie fait encore débat. Mais quoi qu’il en soit, il réveille l’enthousiasme de la communauté scientifique, au point d’espérer mettre un terme à cette maladie. Une tâche difficile cependant. La modélisation de l’OMS Europe au Royaume-Uni montre que si la vaccination se poursuit, elle pourrait empêcher la réapparition du monkeypox, mais elle n’empêchera pas tous les cas.

Cependant, une meilleure compréhension des causes de ce reflux pourrait aider à lutter contre la maladie dans les pays où elle est née, en Afrique. Là, le problème est d’autant plus important qu’il existe deux variantes : celle d’Afrique de l’Ouest (appelée clade II), qui s’est répandue dans le monde entier, et celle d’Afrique centrale (clade I), qui a un taux de mortalité de 10 % (contre à peine 1% des autres) selon un article du magazine New Scientist.

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Aujourd’hui, l’OMS appelle à tirer les leçons de cette histoire pour mieux lutter contre les épidémies. Il évoque notamment l’importance de la vaccination (qui s’est également révélée efficace contre le Covid-19) et la conduite d’enquêtes épidémiologiques pour identifier et isoler les cas.

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