Octobre rose : les dernières avancées dans le cancer du sein

Sciences et espace

Le professeur Sotiriou a un double rôle puisqu’il est également directeur du Laboratoire de recherche translationnelle en oncologie du sein de l’Institut.

Ne seriez-vous pas tenté d’attirer des fonds pour votre propre secteur d’activité ? (Rires) Non, ça ne marche pas comme ça. Nous sommes une équipe. Face au cancer, il est impensable de jeter la couverture sur soi. Les décisions sont toujours collectives et concertées. C’est un travail d’équipe. Il n’est pas rare qu’une découverte dans une discipline profite à d’autres. C’est comme ça et c’est ce qui rend la recherche si excitante.

Faites-vous également de grands progrès dans votre recherche sur le cancer du sein? Oui, bien sûr, nous continuons à progresser dans ce domaine. Ainsi, nous venons de présenter quelques-unes des avancées majeures lors du dernier congrès de la Société Européenne d’Oncologie Médicale (ESMO) qui s’est tenu à Paris en septembre. Le premier concerne les cancers HER2 positifs qui représentent 15 à 20 % de l’ensemble des cancers du sein. Grâce aux nouvelles techniques de caractérisation génomique et à l’intelligence artificielle qui nous permet désormais d’analyser une grande quantité de données, nous avons réussi à identifier, parmi ces cancers, 5 sous-groupes différents. Deux de ces sous-groupes de patients qui pourront bénéficier d’un traitement plus léger, avec moins d’effets secondaires et ceci avec une meilleure réponse et une excellente survie. Cela nous permettra de nous concentrer sur les 3 autres sous-groupes et d’affiner davantage leurs traitements pour augmenter leur taux de survie.

Votre deuxième percée concerne le cancer triple négatif si je ne me trompe pas ? Il s’agit généralement d’un cancer plus agressif qui se propage rapidement. Grâce au séquençage, à la bioinformatique et à nos avancées dans le domaine de la biologie cellulaire, nous avons également réussi à identifier un sous-groupe qui provoque très peu de récidives. Cela signifie que les traitements peuvent être adaptés à des patients spécifiques. On pourra leur administrer un traitement léger, peu coûteux et moins toxique avec, par conséquent, une très bonne survie. Une excellente alternative à l’immunothérapie classique qui n’est pas efficace pour tout le monde. Ces deux avancées nous ont valu des récompenses. Il est important que l’Institut et ses chercheurs bénéficient de cette visibilité car elle attire l’attention et donc les talents. Nous accueillons actuellement deux stagiaires arrivant de l’étranger. C’est assez rare pour être signalé.”

Le 11 octobre, Isabelle De Cock, CEO de The Estée Lauder Companies Benelux a remis un chèque de 90 000 € à Ariane Cambier de l’Association Jules Bordet pour soutenir la recherche sur le cancer du sein du Professeur Sotiriou © DR

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