Le gouvernement fédéral s’est réuni à nouveau mardi en commission restreinte pour faire avancer le dossier des retraites. C’est le septième noyau sur le sujet. Un accord mondial n’a pas encore été conclu. Si des progrès ont été réalisés, d’autres points sont encore bloqués, comme l’ancienneté, les conditions d’emploi et de carrière.
Les ministres écartent le calcul de prestations effectives pour bénéficier d’une retraite viable dans un contexte de pénurie d’emplois. Les libéraux et le CD&V remettent en cause le régime des pénuries. Les écologistes parlent de “propositions totalement imbattables” qui pénaliseront les femmes. Le PS n’accepte pas les mesures “qui réduisent les droits des travailleurs.” Il est suivi par Vooruit à presque tous les points. Cela n’empêche pas le dialogue d’avoir lieu. “On est dans une situation de négociation typique d’un gouvernement qui rassemble des points de vue très différents”, relativise un vice-Premier ministre. “Nous travaillons dur. Nous n’allons pas écrire un accord sur le coin de la table.”a prévenu la ministre des Pensions Karine Lalieux avant la réunion, notant que les négociations « ne sont pas faciles ».
En fait, il s’agit d’un dossier sensible qui affectera le portefeuille de nombreux Belges à moyen terme. Les pensions représentent déjà la plus importante dépense gouvernementale, mais ce montant augmentera dans les années à venir. Dans son rapport annuel présenté mardi, le Comité d’étude sur le vieillissement (CEV) estime que les dépenses de retraite et de santé représenteront à terme un quart du PIB en Belgique. “Les retraites (13,6% du PIB) et la santé (10,6% du PIB) constituent la majorité des dépenses sociales d’ici 2070.”
Le Premier ministre a demandé au Bureau du plan de quantifier la situation pour mesurer l’impact, tant positif que négatif, des mesures et déterminer combien de Belges seront concernés. De son côté, le président du CEV, Johan Van Gompel, a appelé le gouvernement fédéral à conclure son accord au plus vite.
À ce stade, Vivaldi attend toujours d’y arriver avant le 21 juillet. Mais les négociations sur la pérennité des différentes propositions pourraient déboucher sur une véritable impasse et il n’est plus si sûr qu’un accord puisse être trouvé avant les vacances. L’ailier gauche rejette une note jugée trop droite. “Ceux qui s’attendent à jouer de l’usure ou de l’étape actuelle se trompent gravement”, estime l’un de ses membres. “Cela n’arrivera pas. Et même deux noyaux par jour pendant un an ne changeront rien à la situation. Il est hors de question de réduire les droits des retraités et des travailleurs. Nous pensons qu’il vaut mieux être en désaccord que des mauvais traitements.”