Des migrants secourus au large de Lampedusa, en Italie, le 25 janvier 2022. PAU DE LA CALLE / AP
Plus d’un millier de migrants ont débarqué en Italie ces dernières heures et des centaines d’autres les attendent samedi 23 juillet à bord de navires humanitaires. Plus de 600 personnes tentant de traverser la Méditerranée à bord d’un bateau de pêche ont été secourues samedi par un navire marchand et des garde-côtes au large de la Calabre à la pointe sud de La Botte. Ils ont été débarqués dans plusieurs ports de Sicile. Les autorités ont également retrouvé à bord les corps de cinq migrants décédés dans des circonstances encore indéterminées.
Sur l’île de Lampedusa, 522 personnes, venues d’Afghanistan, du Pakistan, du Soudan, d’Ethiopie et de Somalie notamment, sont arrivées dans la nuit du samedi 23 juillet au dimanche 24 juillet à bord d’une quinzaine d’embarcations différentes, en provenance de Tunisie et de Libye. Selon les médias italiens, le centre d’accueil de ce petit rocher plus proche de l’Afrique que de l’Italie est débordé. D’une capacité d’accueil d’environ 300 personnes, il en abrite actuellement 1 200, précise l’agence ANSA.
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Le journal La Sicilia précise que les derniers débarquements à Lampedusa ont vu des bateaux avec des dizaines, voire des centaines de personnes à bord, mais aussi de petits pneumatiques. Ainsi, quatre Tunisiens, dont une femme, se sont échoués dans la nuit sur la plage de Cala Pisana après avoir traversé le petit bras de mer qui sépare la Tunisie de l’île. Simultanément, les garde-côtes ont intercepté un bateau de 13 mètres, quittant Zawija en Libye, avec à son bord 123 Pakistanais, Bangladais, Egyptiens et Soudanais.
34 000 personnes sont arrivées en Italie depuis le début de l’année
Par ailleurs, des ONG de sauvetage maritime continuent de récupérer des centaines de migrants perdus en Méditerranée. Sea-Watch a annoncé dimanche avoir effectué quatre opérations de sauvetage samedi. “A bord de Sea-Watch 3, nous avons 428 personnes, dont des femmes et des enfants, une femme enceinte de neuf mois et un patient gravement brûlé”, a-t-il déclaré sur son compte Twitter. L’Ocean-Viking, de l’ONG SOS Méditerranée, aurait récupéré 87 personnes, dont 57 mineurs non accompagnés, entassées dans “un canot pneumatique en danger surpeuplé dans les eaux internationales au large de la Libye”.
Entre le 1er janvier et le 22 juillet, 34.000 personnes sont arrivées par la mer en Italie, contre 25.500 à la même période en 2021 et 10.900 en 2020, selon le ministère de l’Intérieur. La route migratoire de la Méditerranée centrale est la plus dangereuse au monde. L’Organisation internationale pour les migrations estime que le nombre de morts et de disparus y est de 990 depuis le début de l’année.
Cette augmentation saisonnière des arrivées durant l’été coïncide cette année en Italie avec un contexte politique mouvementé. Le Premier ministre, Mario Draghi, limogé par plusieurs partis qui composent son gouvernement d’union nationale, a démissionné. Le président de la République, Sergio Mattarella, a dissous le Parlement et a fixé au 25 septembre une élection pour laquelle la droite et l’extrême droite sont les favoris. Dimanche matin sur Twitter, Matteo Salvini, leader de la Ligue (anti-immigration), a déploré l’arrivée de “411 clandestins en quelques heures à Lampedusa”. “Le 25 septembre, les Italiens pourront enfin choisir le changement : pour le retour de la sécurité, du courage et du contrôle des frontières”, écrit-il.
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Le monde avec l’AFP