Qu’est-ce que le missile Hellfire R9X, la “bombe ninja” qui a tué le chef d’Al-Qaïda

L’arme, que l’armée américaine n’a pas reconnue publiquement, est extrêmement précise. Équipé de 6 lames, tue une cible sans dommage collatéral.

Aux premières heures du dimanche 31 juillet, l’armée américaine a tiré un missile sur un immeuble de Kaboul, tuant le numéro 1 d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. Contrairement à d’autres attaques américaines dans le passé, aucune victime collatérale n’a été signalée. Et pour une bonne raison. L’arme utilisée pour perpétrer l’attentat, mentionnée anonymement par des sources officielles mais non citée par la CIA, est extrêmement efficace.

Baptisé Hellfire R9X, il s’agit d’un dérivé du célèbre missile Hellfire, déjà déployé par les États-Unis dans plusieurs domaines opérationnels. Cependant, ce dernier présente l’inconvénient de provoquer d’importants dommages collatéraux du fait de sa charge explosive. Contrairement à sa version R9X utilisée dimanche, qui a bien une ogive, mais désactivée.

Six piques déployées dans la dernière seconde

La létalité de cette arme, dont l’existence n’a jamais été confirmée publiquement, repose principalement sur ses 45 kg de métal. Lancé à pleine vitesse, le R9X peut traverser les voitures et les bâtiments et bien sûr les êtres humains. Pour la cible visée, être touché par un tel missile revient à “faire tomber une enclume du ciel”, explique l’initié. Le journal Wall Street, qui prétend que le R9X a déjà été utilisé par le Pentagone et la CIA.

À la charge d’impact s’ajoutent les six pales dont est équipé le missile, qui se déploient à la dernière seconde. En plus d’être écrasée, la victime est découpée en morceaux. Une caractéristique qui, parmi les armements, a valu à ce missile le surnom de “flying ginsu”, ou “flying ginsu”, en référence à une marque de couteaux qui était vendue dans les années 70 par des émissions de télémarketing à l’étranger. L’annonce indiquait que les outils étaient aussi efficaces pour couper une branche d’arbre que pour couper une tomate. D’autres évoquent un « ninja volant » ou un « ninja volant ».

Éviter les pertes civiles

La doctrine sur laquelle cette arme a été développée remonte à l’ère Obama. Le 44e président des États-Unis a voulu éviter au maximum les victimes civiles lors des tirs américains, notamment en Afghanistan. Outre les considérations humanitaires et juridiques, les pertes collatérales peuvent nuire à l’image d’un pays à l’étranger, mais aussi remettre en cause certaines alliances.

Et comme il ajoute le journal Wall Street, le “flying ginsu” veut répondre à une remarque. Maintenant, aguerris après des années d’attaques tactiques, les terroristes ciblés par les États-Unis commencent à développer des techniques pour échapper aux attaques, notamment en se cachant dans des groupes de femmes et d’enfants.

Le Hellfire R9X permet enfin de tuer un ennemi avec précision, même lorsque l’ennemi se trouve dans un bâtiment rempli de civils. Comme il ne porte pas de charge explosive, il peut difficilement provoquer l’effondrement d’un bâtiment. C’est aussi l’une des raisons qui ont motivé Joe Biden à attaquer dimanche Ayman al-Zawahiri. Le président américain voulait à tout prix que la famille du chef d’Al-Qaïda, qui n’était pas loin, soit épargnée.

Cependant, le déploiement de cette “bombe ninja” nécessite des capacités de renseignement importantes. La grève est chirurgicale. Par conséquent, cela nécessite de connaître l’emplacement exact de la personne cible. Pour localiser Ayman al-Zawahiri, la CIA a notamment étudié les déplacements de sa femme.

Il a été vu dans le passé

Avant la grève de Kaboul dimanche, le Hellfire R9X a presque certainement été identifié deux fois. En février 2017, Ahmad Hasan Abu Khayr al-Masri, un ressortissant égyptien, à l’époque numéro 2 d’Al-Qaïda, a été tué en Syrie. À l’époque, l’impact était stupéfiant. Un simple trou dans le toit de sa voiture avait été observé et personne aux alentours n’avait été touché.

En janvier 2019, c’est cette fois le Yéménite Jamal al-Badawi qui avait été neutralisé.

Dans les colonnes de le journal Wall Street, de nombreux responsables américains déplorent anonymement que l’existence de cette arme tactique n’ait jamais été rendue publique. Ils soutiennent que cette déclaration aurait indiqué que les États-Unis cherchent désespérément à éviter les pertes civiles.

En 2011, le missile avait été étudié comme un plan B pour éliminer Oussama ben Laden au Pakistan, qui a finalement été préféré à un assaut mené par les forces spéciales américaines. Onze ans plus tard, c’est ce missile chirurgical qui est finalement choisi pour neutraliser le successeur de Ben Laden.

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