Par Marylou Magal
Publié il y a 53 minutes, mis à jour il y a 40 minutes
Limogé du nouvel exécutif, le maire d’Hénin-Beaumont Steeve Briois a publié un communiqué dans lequel il dénonce une “purge” et une “re-radicalisation” du RN.
Tout devait se dérouler comme prévu. Pour son 18e Congrès, le Rassemblement National avait vu les choses en grand, à la Maison de la Mutualité dans le 5e arrondissement de Paris. Un lieu symbolique, pour consacrer l’arrivée du successeur de Marine Le Pen, Jordan Bardella à la tête du parti. Élu avec 84,84% des suffrages, l’eurodéputé de 27 ans a savouré sa victoire sur scène, main dans la main avec Marine Le Pen, sur fond de pluie d’étincelles. Le perdant de l’élection, Louis Aliot, qui n’a recueilli que 15,16 % des suffrages, a quitté la salle en souriant, assuré d’obtenir la première vice-présidence du parti comme lot de consolation.
Ce n’est qu’à midi que les choses ont mal tourné, lorsque la composition des bureaux nationaux et exécutifs (organes internes du mouvement) a été révélée. Si le maire de Perpignan a conservé sa place dans les instances essentielles, certains de ses proches, en revanche, ont été limogés. C’est le cas du maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois (il est quand même arrivé 4e au Conseil national, sorte de parlement interne du RN), et du député Bruno Bilde, proche de Marine Le Pen et des représentants de l’historique cellule de marin. Une petite révolution interne qui a fait l’effet d’une bombe et provoqué des troubles internes quelques heures seulement après le sacre du nouveau président. L’édile du Nord a immédiatement publié un communiqué qui tue, dénonçant une “re-radicalisation” du parti. “Je regrette que les années de diabolisation soient réduites à néant, dans le seul but de plaire à une minorité électorale”, écrit-il, pointant “l’adoption de positions de droite contraires ni à la droite ni à la gauche qui prévalaient dans le Front national.” Et de conclure, justifiant son choix de ne pas avoir accepté le poste que lui offrait Jordan Bardella au Bureau national : “Cela n’aurait été qu’un prétexte pour ne pas avouer ce qui ressemble plus à un début d’épuration contre ceux qui défendent la ligne sociale”.
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“Jordan Bardella avait promis de monter un char Leclerc dans sa mairie, c’est fait”, s’amuse un observateur. Psychodrame au Rassemblement national, et déjà une rébellion interne même si le nouveau président n’a pas encore prononcé son discours d’investiture. “Deux poêles de 36.000 électeurs, on a connu pire”, réagit l’entourage de Jordan Bardella, qui ajoute qu’il a proposé, la veille, à Bruno Bilde et Steeve Briois l’intégration des autorités, et qu’il aurait refusé.
De toutes parts, des managers qui lisent le texte en même temps que la presse se lancent dans une opération de déminage. “Dans ce type d’élection, il y a toujours des déceptions, ce n’est pas nouveau”, assure Thierry Mariani devant une poignée de journalistes. « Jordan Bardella a été élu à 85 %, insiste Laurent Jacobelli. C’est une erreur d’analyse de la part de Steve Briois, et la dérive qu’il rapporte est clairement fausse. Il n’y a pas d’éviction ni de changement de page, Steeve Briois est toujours maire d’Hénin Beaumont et membre du parti, mais en politique on n’a pas de boulot à vie, et il faut savoir passer le relais à certaines personnes. « Tous deux viennent d’être élus membres du Conseil national.
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