Le groupe Bertelsmann a décidé de donner du temps au temps. “Nous avons travaillé pendant près de deux ans sur une consolidation du secteur. Ce projet était probablement trop tôt. Nous le regrettons”, a déploré Nicolas de Tavernost.
La vente du groupe M6 n’aura pas lieu. Lundi soir, après un week-end de réflexion, le groupe Bertelsmann a décidé de donner du temps au temps. “Nous avons reçu trois offres, toutes de grande qualité. Notre actionnaire RTL Group, en concertation avec nous, a cependant estimé qu’il fallait mieux travailler sur la stabilité compte tenu d’un cadre réglementaire complexe, déclare Nicolas de Tavernost, le président du conseil d’administration de M6 avant d’ajouter : « Je suis très heureux de poursuivre l’aventure avec RTL Group, qui accompagne notre success story depuis 35 ans ».
A la fin de la semaine dernière, trois offres fermes étaient sur la table. La première de FL Entertainment, leader mondial de la production audiovisuelle (Banijay) contrôlé par Stéphane Courbit, associé à Rodolphe Saadé, le patron du géant maritime CMA-CGM, et Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac). Le second du couple formé par Xavier Niel, patron de Free et MediaForEurope, le groupe familial Berlusconi. La troisième, enfin, formulée par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, qui a un groupe de presse en France avec CMI (Elle, Marianne).
Le premier a même valorisé la participation de Bertelsmann dans M6 à environ 1,2 milliard d’euros, soit 20 euros par action. Cela signifiait une prime d’environ 57% par rapport au devis actuel, soit environ 12,40 euros. Mais vendre M6, après la fusion avortée avec TF1, s’est accompagné de nombreux inconvénients. Après avoir rappelé dans un communiqué que “M6 est l’une des sociétés de télévision les mieux gérées d’Europe”, Thomas Rabe, PDG de Bertelsmann, propriétaire de M6 via RTL Group, a justement justifié sa décision de conserver sa participation de 48,3% due à « des risques et incertitudes juridiques trop élevés ».
Benoît Coeuré, président de l’Autorité de la concurrence (ADLC), et Roch-Olivier Maistre, président d’Arcom, avaient prévenu, la semaine dernière devant le Sénat, que le calendrier était “très tendu”. L’autorisation de diffuser M6 sur la TNT doit être renouvelée en mai 2023 par Arcom. Passé ce délai, tout changement de régulation de fréquence sera impossible pendant cinq ans, comme le prévoit la loi. Problème, l’étude d’un changement de capital, soumis au contrôle d’Arcom voire au feu vert de l’Autorité de la concurrence, aurait demandé plus de temps. Trop longtemps, je n’avais pas compris Arcom et ADLC.
“Nous avons travaillé pendant près de deux ans sur une consolidation du secteur. Ce projet était probablement trop tôt. Nous le regrettons”, a déclaré Nicolas de Tavernost. Désormais, la page est tournée et M6 veut aller de l’avant. “Je suis ravi de voir l’intérêt de notre groupe. Il a été très fort. Le groupe restera le pivot d’une consolidation de télévision française. Nous restons attractifs pour les partenaires locaux et internationaux. RTL n’envisage pas de céder le contrôle de M6. Mais rien ne nous empêche de collaborer d’une manière ou d’une autre avec d’autres partenaires.
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