Plusieurs dizaines d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du groupe Orpea ont été perquisitionnés ce mardi 15 novembre, dans le cadre d’une enquête ouverte pour “malversations institutionnelles”, a confirmé le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine).
Ces perquisitions, initialement annoncées par Mediapart, coïncident avec la présentation d’un plan visant à assainir les pratiques et les finances du groupe, malgré les scandales. Réalisées “dans toute la France”, elles doivent être réparties “sur plusieurs jours”, a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) une source proche du dossier.
“Ces recherches sont une bonne chose”
Déjà en juin, le siège du groupe et les départements autonomes avaient fait l’objet de perquisitions dans le cadre de la même enquête pour malversations institutionnelles, mais aussi d’une autre, ouverte pour délits financiers. Contacté par l’AFP, Orpea a assuré être “mobilisé pour soutenir les enquêtes en cours”.
Dans le livre d’enquête Les Fossoyeurs, le groupe, présent dans vingt-trois pays et gérant plus de 350 établissements en France, est accusé de maltraitance d’habitants, de fraude comptable et de pratiques douteuses en matière de ressources humaines.
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Au terme de deux enquêtes administratives, le gouvernement avait fait un signalement à la justice. Fin avril, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête en deux volets, l’un pour malversations institutionnelles et l’autre pour délits financiers. Ces enquêtes s’étaient jointes à une enquête en cours sur les infractions à la législation du travail.
Extraits du livre “Les Fossoyeurs” : Article réservé à nos abonnés “Il y avait déjà cette terrible odeur de pisse, dès qu’on est entré” : extraits de “Les Fossoyeurs”, une enquête sur le business de la vieillesse
Le volet maltraitance institutionnelle repose notamment sur une cinquantaine de plaintes de familles de voisins pour “mise en danger de la vie d’autrui”, “non assistance à personne en danger”, “homicide involontaire” et “violences pour négligence”. L’avocate Sarah Saldmann représente une large majorité. “Ces perquisitions sont une bonne chose, peut-être permettront-elles de mettre au jour certaines actions possibles et jusqu’ici non identifiées”, a-t-il déclaré à l’AFP. Dans le même temps, Orpea a porté plainte contre X et mi-mai une enquête préliminaire a été ouverte, notamment, pour détournement de biens sociaux.
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Le groupe a également dévoilé mardi un plan stratégique pour repartir du bon pied. Elle vise à “fidéliser” ses salariés en investissant dans la formation continue et la promotion interne afin d’assurer une “meilleure qualité” des soins, selon un communiqué. Orpea prévoit d’embaucher 550 personnes par mois d’ici la fin de l’année, dont la moitié d’aides-soignants. Son objectif est de passer à 800 embauches mensuelles d’ici 2023.
“L’affaire principal”
Le groupe souhaite également revoir sa stratégie immobilière et se désengager de certains pays d’Amérique latine et de Chine, où ses activités sont moins rentables. “Orpea s’est éloigné de son cœur de métier, privilégiant trop rapidement l’international et le développement immobilier, au prix d’un endettement excessif et d’une situation financière très fragile”, a estimé Laurent Guillot, le nouveau PDG nommé en juillet. Le plan de transformation doit permettre au groupe d’augmenter son chiffre d’affaires de 9% chaque année pour atteindre 6,1 milliards d’euros d’ici 2025.
Un obstacle financier majeur demeure : le groupe risque de manquer de liquidités “au cours du premier semestre 2023” et est en proie à une dette massive de 9,5 milliards d’euros. Ainsi, ce mardi des négociations se sont ouvertes avec les créanciers d’Orpea dans le cadre d’une conciliation devant le tribunal de commerce de Nanterre. La direction veut convertir une partie de la dette en fonds propres et relancer l’argent frais, de 1 900 à 2 100 millions d’euros, en dette et en fonds propres.
Le Monde avec AFP et Reuters