Après plusieurs semaines de conditions météorologiques défavorables, de nombreux migrants ont tenté de traverser vers l’Angleterre ce week-end. Selon les autorités britanniques, 972 personnes ont réussi à traverser la Manche. Des centaines d’autres ont été secourus en mer.
Après plusieurs semaines durant lesquelles les conditions ne permettaient plus de traverser la Manche, ce week-end a été marqué par un grand nombre de tentatives de traversée menées par des passeurs, qui embarquaient des migrants tentant de traverser vers l’Angleterre. La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a annoncé avoir mené vendredi 11 et samedi 12 novembre plusieurs opérations de sauvetage pour assister à trois bateaux en perdition, avec un total de 142 personnes secourues.
Ces opérations de sauvetage ont été réalisées respectivement par une vedette rapide de la société nationale de sauvetage maritime, assistée par les secours belges ; par un bâtiment de la Marine française ; et par un patrouilleur des douanes françaises. Les naufragés ont été escortés jusqu’aux ports de Dunkerque et de Calais où ils ont été pris en charge par la police des frontières, et les services de secours, SDIS ou SAMU selon les cas.
“Ils refusent l’aide qui leur est proposée”
De son côté, la maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart, a déclaré samedi soir sur BFMTV : “Depuis le début de la nuit, il y a eu 14 tentatives de franchissement, […] ce qui correspond à environ 500 migrants réfugiés, la majorité de nationalité syrienne, kurde ou afghane, qui ont plus de moyens pour payer les traversées ». L’élu estime avoir été témoin du sauvetage d’un bateau avec 50 personnes, puis soigné chez un sauveteur sur la plage.
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“Les migrants sont alors accueillis par les services de l’Etat à Dunkerque ou à Calais, mais très souvent ils refusent l’aide qui leur est proposée. Dans ces embarcations, les passeurs ou les barreurs conseillent de ne pas suivre l’aide humanitaire qui leur est proposée”, a-t-il ajouté, précisant que les migrants secourus sous ses yeux ne sont restés que quatre minutes dans le sauvetage, avant d’être réembarqués par les passeurs pour tenter de retraverser la nuit suivante.
Des affrontements ont éclaté samedi matin alors que la police tentait d’empêcher les passages à niveau près de Gravelines. La police des frontières et la police nationale du commissariat de Dunkerque sont effectivement intervenues pour repousser une tentative de passage vers le Royaume-Uni, subissant en retour un “caillassage”, selon le site de Beauvau qui a pourtant accueilli une “opération réussie”. . “C’était une opération normale pour lutter contre l’immigration”, précise de son côté la préfecture du Nord, qui indique que parmi les dizaines de policiers présents, certains ont en effet “fait face à une résistance violente” de la part des immigrés. Aucun policier n’a été blessé selon les premières informations et la police n’a procédé à aucune arrestation.
40 000 traversées depuis le début de l’année
Côté britannique, on estime que le nombre de migrants ayant effectué la dangereuse traversée a dépassé dimanche les 40.000, un record, selon le ministère de la Défense. Ce week-end seulement, 972 personnes ont traversé la Manche dans 22 petits bateaux samedi, portant le total à 40 885 depuis le début de l’année. Tout au long de 2021, 28 526 traversées ont été enregistrées. C’était déjà un record.
Ces chiffres croissants mettent la pression sur le gouvernement car les conservateurs ont fait de la lutte contre l’immigration une priorité absolue depuis le Brexit et le système d’asile est plus débordé que jamais.
Les gouvernements conservateurs successifs ont tout envisagé, abandonnant certaines idées illégales ou irréalisables, comme faire sortir des bateaux des eaux britanniques avec des vagues artificielles, enfermer des migrants sur des paquebots offshore ou les envoyer sur des îles éloignées. Le dernier plan, annoncé sous Boris Johnson, prévoit d’envoyer des demandeurs d’asile au Rwanda, mais ce plan est au point mort.
Le dossier est un point de tension avec Paris, même si les deux pays ont annoncé vendredi dans un communiqué commun des « progrès » dans la recherche d’un nouvel accord sur le dossier.
Le Royaume-Uni serait prêt à payer 80 millions de livres sterling supplémentaires (91 millions d’euros) à la France pour des renforts de police sur les plages françaises, tandis que les officiers britanniques auraient accès aux centres de contrôle français. Au Royaume-Uni, de récentes révélations sur des centres d’accueil surpeuplés ont suscité la polémique dans un pays où la population reste largement favorable à l’accueil des migrants. La ministre de l’Intérieur Suella Braverman, d’extrême droite, s’est également choquée de qualifier l’afflux de migrants arrivant au Royaume-Uni d'”invasion”, des propos jugés “horribles” par l’ONU.
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